Dîner étoilé au lycée hôtelier Sainte-Anne : une soirée exceptionnelle au service de l’éducation au Cambodge
Le lycée hôtelier Sainte-Anne à Saint-Nazaire a récemment été le théâtre d’un événement gastronomique exceptionnel : un dîner étoilé et caritatif. Mardi soir, les cuisines du restaurant d’application de l’établissement ont accueilli cinq chefs étoilés, cumulant un total impressionnant de dix étoiles Michelin. Ces chefs de renom se sont réunis pour préparer un dîner de gala, dont les bénéfices étaient destinés à une cause qui leur tient à cœur : le financement du lycée hôtelier Sala Baï, situé au Cambodge.
Une assemblée prestigieuse de chefs étoilés
L’événement a réuni des figures emblématiques de la gastronomie française : Alexandre Couillon (La Marine à Noirmoutier), Régis Marcon (Maisons Marcon), Matthieu Guibert (Anne-de-Bretagne à La Plaine-sur-Mer), Éric Guérin (La Mare aux Oiseaux à Saint-Joachim) et Benjamin Pâtissier (La Chabotterie à Saint-Sulpice-le-Verdon). Ces chefs, qui comptent parmi les meilleurs ouvriers de France et ont même remporté le prestigieux Bocuse d’Or, ont tous accepté de donner de leur temps pour participer à cette initiative.
Le soutien à une école cambodgienne
Le but de ce dîner étoilé était de récolter des fonds pour l’école hôtelière Sala Baï, située près du temple d’Angkor, dans la région de Siem Reap au Cambodge. Cette école, créée en 2005 grâce à l’association Challenge Cambodge, offre une formation gratuite aux jeunes Cambodgiens les plus défavorisés, avec une attention particulière portée aux filles, qui représentent 70 % des élèves. Cette initiative vise à leur offrir un avenir professionnel dans un pays où, sans éducation, beaucoup risquent de sombrer dans l’exploitation, notamment à travers le tourisme sexuel.
Un chèque de 16 000 € pour Sala Baï
Grâce à cette soirée caritative, un chèque de 16 000 € a pu être remis à Sala Baï, permettant ainsi de financer la formation d’une partie des 150 élèves que l’école accueille chaque année. Le financement annuel de l’école s’élève à 700 000 €, ce qui explique la nécessité d’organiser régulièrement des événements de bienfaisance. Pour Jacques Hybert, ancien professeur de cuisine au lycée Sainte-Anne et toujours très impliqué dans cette cause, cette collecte de fonds est essentielle pour offrir un avenir à ces jeunes cambodgiens. Il souligne l’importance de recruter les plus démunis, afin de leur donner les outils nécessaires pour sortir de la pauvreté.
Une immersion dans la culture cambodgienne
L’implication des enseignants du lycée Sainte-Anne ne s’arrête pas à l’organisation de ce dîner étoilé. Deux professeurs, Franck Rioult et Didier Kerlau, ont récemment effectué un séjour au Cambodge pour partager leur savoir-faire avec les élèves de Sala Baï. Munis de fromages et de vin français, ils ont permis aux étudiants cambodgiens de découvrir des produits du terroir français, une expérience qui s’inscrit dans la formation de ces jeunes à la cuisine occidentale. Les réactions ont été enthousiastes, notamment pour les fromages les plus doux et la recette de crêpes flambées proposée par Franck Rioult, qui a été un véritable succès.
Une opportunité unique pour les élèves de Sainte-Anne
Les élèves et étudiants le secteur de l’Hôtellerie-Restauration au lycée hôtelier Sainte-Anne ont pleinement profité de cette journée unique, qui leur a permis de travailler aux côtés de chefs de renommée mondiale. Frédéric de Ravinel, directeur de l’établissement, a souligné l’importance pour ses élèves de mesurer la chance qu’ils ont d’accéder à une telle formation, comparée à celle de leurs homologues cambodgiens. Il a également insisté sur la valeur inestimable de cette expérience, tant sur le plan technique que sur le plan humain.
Les chefs invités ne se sont pas contentés de donner des ordres, ils ont véritablement participé à la préparation du dîner, n’hésitant pas à mettre la main à la pâte, souvent accompagnés de leurs collaborateurs. Benjamin Pâtissier, Meilleur Ouvrier de France, a ainsi expliqué que malgré le fait que le mardi soit habituellement leur jour de repos, lui et ses collègues ont immédiatement accepté de participer à cet événement. Selon lui, c’était une occasion précieuse de partager leur savoir-faire avec les jeunes et de les encourager dans leur parcours professionnel.
Fermé pour cause de bonne cause
Alexandre Couillon, triplement étoilé, a même pris la décision de fermer son restaurant, La Marine, pour se consacrer pleinement à cette cause. Il a tenu à rappeler que la transmission du savoir est essentielle dans leur métier. Pour lui, il est crucial que les jeunes cuisiniers ne se contentent pas d’observer un chef passer rapidement en cuisine, mais qu’ils apprennent concrètement les gestes et les techniques de ceux qui excellent dans ce domaine.
Un apprentissage concret et bienveillant
La générosité des chefs présents s’est exprimée jusque dans les moindres détails. Régis Marcon, Bocuse d’or, a ainsi pris le temps de montrer aux élèves comment découper correctement des pigeons, une tâche technique qui demande précision et maîtrise. Même lorsqu’un élève a commis une erreur, le chef a su faire preuve de bienveillance tout en corrigeant les gestes. Pour lui, le rôle du chef n’est pas seulement de critiquer, mais surtout de montrer l’exemple et d’enseigner avec patience.
Conclusion : une soirée étoilée sous le signe de la solidarité
Ce dîner étoilé organisé par le lycée hôtelier Sainte-Anne restera gravé dans les mémoires de ceux qui y ont participé. Au-delà de l’excellence gastronomique, cette soirée a été marquée par un profond engagement pour une cause noble : offrir une éducation et un avenir aux jeunes les plus défavorisés du Cambodge. Les chefs étoilés ont démontré que la gastronomie peut être un puissant vecteur de solidarité, et que la transmission du savoir est une valeur fondamentale dans leur métier. Grâce à cette soirée, l’école Sala Baï pourra continuer de former les chefs de demain, tout en offrant à ces jeunes la possibilité de sortir de la pauvreté.
Cette initiative montre que même les plus grands chefs n’oublient pas l’importance de redonner à la communauté, et qu’ils sont prêts à investir temps et énergie pour des projets qui leur tiennent à cœur. Une belle leçon de vie et de générosité, tant pour les élèves que pour les professionnels de la cuisine.
Source : Ouest France Article consultable ici.